Ecolos… mais pas trop !

C’est un article qui indiquait que faire pipi sous la douche, loin d’être dégoûtant, était en réalité un geste écolo, qui m’a mis la puce à l’oreille. Ecolos, nous sommes beaucoup à l’être dans l’âme, sensibles au destin mal engagé de notre chère planète, à l’écoute de ses souffrances et à l’affût d’initiatives et de petits gestes pour les alléger. Seulement, parfois, cela tourne à l’obsession et certains deviennent des ayatollahs du bio, des dictateurs du DIY, des psychorigides de l’écologie. Alors, oui pour s’informer, oui pour faire des efforts, oui pour être solidaires et acteurs du changement… mais non à l’extrémisme, non aux donneurs de leçons, non à l’imposition de diktats. En toute chose, trouver le juste milieu.

  • Faire pipi sous la douche

Notre éducation culpabilisante et moralisatrice teintée de maniaquerie (si vous ne vous sentez pas concernés, joie et lumière sur votre enfance !), nous dit que faire pipi sous la douche est une abomination, que c’est sale et mal élevé. En réalité, l’urine étant stérile, on ne risque rien à faire une telle chose. Cela éviterait de tirer une énième fois la chasse d’eau… Soit. Seulement, vu le nombre de fois où on tire cette fameuse chasse dans une journée, je ne suis pas convaincue que l’économie soit considérable. Il faudrait plutôt réfléchir à recycler l’eau de la chasse d’eau, ou à ne la tirer que de temps en temps… bonheur des odeurs pour ceux qui passent après vous… Alors faire pipi sous la douche, pourquoi pas, mais est-ce vraiment une économie significative, pas sûr…

p1060512

  • Bannir les bains

Tant qu’on en est à parler d’économies d’eau, annonçons-le tout de go : le bain, ce n’est pas écolo. Dans les pays frappés de restrictions ou dans lesquels l’accès à l’eau est réservé aux plus riches et reste un problème majeur, la baignoire, quand on en a une dans la salle de bains pas chauffée située au fond de la cour de terre battue, sert de réservoir pour la journée, voire pour plusieurs jours : c’est là que l’on puise les seaux d’eau pour la chasse d’eau, pour laver le linge et d’autres choses utiles du quotidien. Alors, replacé dans ce contexte, le bain débordant de mousse fait figure de blasphème, d’aberration, d’indécence sans nom. De là à dire qu’il ne faut plus du tout prendre de bains, il n’y a qu’un pas que beaucoup franchissent allègrement. Alors, quiconque aurait l’idée de prendre du bon temps, détendu dans de l’eau chaude parfumée avec un bon roman, se sent inévitablement coupable, voire cloué au pilori par la foule des chantres de la bonne conscience. Par conséquent, le bain, c’est fini ? Que nenni ! Un bain de temps en temps, par ci, par là, ne va pas tarir les ressources d’eau de la planète, ne va pas non plus donner à boire aux petits Africains, et ne va pas priver un Bolivien du laborieux remplissage de sa baignoire. Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est du bon sens.

p1050957

  • Les médicaments

Les médecines naturelles, c’est merveilleux. Les huiles essentielles, l’acupuncture, la phytothérapie et autres méthodes millénaires et sans toxicité aucune pour l’organisme, il est essentiel de s’en rapprocher. Nous nous sommes fait trop de mal en ingurgitant des tonnes et des tonnes d’antibiotiques et autres placébos. Rien de tel pour soigner un rhume que d’avoir recours à la tisane de thym, aux inhalations d’eucalyptus et à quelques cuillères de miel. Les choses seraient tellement aisées si nous ne souffrions que de refroidissements saisonniers… Mais nous avons des cancers, des maladies auto-immunes, des tas d’embêtements sur lesquels la tisane de thym de nos grands-mères n’a malheureusement aucun effet. Ne soyons pas idiots ! La médecine « classique » est parfois nécessaire, il ne faut pas le nier. Nous avons en France la chance d’avoir de très bons médecins, de très bons spécialistes et du matériel hautement technologique pour nous soulager et nous aider à nous sortir de quelques mauvaises passes. Les médicaments, oui ou non ? Il n’est absolument pas question de répondre à cette question. S’il ne faut pas en abuser, les médicaments sont, dans certains cas, la seule et unique solution. Ensuite, rien ne nous empêche d’aller puiser dans les ressources inextinguibles des médecines naturelles pour alléger nos souffrances, traiter les causes de notre mal… et nous soigner AVANT de tomber malade. (Petit article à relire sur le sujet !)

p1060634

  • Être vegan ou mourir

Je suis exaspérée par ces gens qui vous prouvent par A plus B que, si vous ne devenez pas végétarien, voire vegan (voir l’article ici) dans l’instant, vous allez mourir dans d’atroces souffrances dans les minutes qui viennent. Pour ces illuminés de l’assiette verte, manger de la viande est une hérésie et ne pas être comme eux un aveuglement, d’où leur obstination à vouloir  nous faire entendre raison. Amis végétariens, camarades vegan, je vous aime bien, je vous respecte mais, s’il vous plaît, s’il vous plaît, un peu de tolérance ! Je ne me sens pas l’âme d’un ouistiti et manger à tous les repas des baies et de la salade verte ne me tente pas plus que ça. Cela ne signifie pas pour autant que je sois cannibale ou que le sort terrible que l’on réserve aux animaux dans les abattoirs français ne m’émeuve pas. J’ai, comme vous, un cœur. Je fais attention à ce que je mange, essaie le plus possible de trouver des produits bio et exècre la grosse industrie agro-alimentaire. Manger de la viande, de la bonne, de temps en temps, ne fait pas mourir.

p1060370

  • Des gestes simples et discrets

En toute discrétion, sans le crier sur tous les toits, sans me revendiquer d’aucun mouvement et sans donner de leçon à qui que ce soit, il est des petits gestes simples que je fais pour protéger ma jolie planète. Comme utiliser un mélange de gros sel et de vinaigre blanc pour désherber en lieu et place de cet horrible désherbant vendu dans le commerce. Comme expliquer aux petits que l’eau coûte cher. Comme ne pas souscrire aux dogmes de la consommation et refuser les sollicitations commerciales que l’on nous met pourtant sous le nez. Comme en finir définitivement avec les protections hygiéniques et préférer la coupe menstruelle également facteur de liberté pour la femme. Etc, etc…

 

Publicités

10 réflexions sur “Ecolos… mais pas trop !

  1. Un geste hyper écolo que tu fais sans le savoir c’est… ne pas avoir de chat !
    Le chat est un animal anti-écologique au possible, surtout à la campagne : il perturbe l’écosystème en croquant trop d’oiseaux et autres petits animaux bien utiles. A lui seul un chat fait des ravages à environ deux km à la ronde. En ville ce n’est pas terrible non plus puisqu’il consomme beaucoup d’emballages plastiques pour la nourriture et la litière, litière qui est rarement écologique voire carrément polluante car ne se recyclant pas…
    Il y a les gestes écologiques que l’on pourrait appeler postérieurs : on répare et on équilibre. Mais les meilleurs sont encore les antérieurs : le meilleur recyclage est celui qui n’a pas besoin d’être fait !

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Cornaline, je viens de lire ton commentaire, qui m’a fait mal au coeur 😥
      J’ai deux chats. Mon compagnon et moi sommes des écolos convaincus (parfois psychorigides même…).
      La nature s’auto-régule très bien, notamment en matière de chaîne alimentaire.. Et même si tu penses que le chat est « anti-écologique au possible », ne penses-tu pas qu’il y a bien pire et plus urgent ? Les litières écologiques sont très répandues et compostables : les copeaux de bois par exemple. De plus, l’alimentation en vrac pour animaux existe. Il s’agit plus d’un problème de manière de consommer que d’un problème de possession de chat. Tu peux opter pour des emballages de croquettes et/ou de pâtée recyclables, pour des litières naturelles compostables, etc. Bref, le chat peut être écolo aussi !

      J'aime

  2. L’avantage avec l’enfant, c’est qu’en grandissant, il pourra devenir un écolo convaincu, pas le chat 😀
    Deviens vert, des chats j’en ai eu plusieurs (j’en ai toujours un) et c’est après y avoir mûrement réfléchi et avoir beaucoup lu sur le sujet que j’ai découvert que ben non, le chat n’est pas écolo et que la nature ne se régule pas si un carnivore domestiqué et entretenu sévit dans les parages.
    Quant-aux litières compostables, dans un appart c’est juste l’horreur (odeurs, salissures) et la nourriture bio en vrac, mon chat, qui n’a pas compris l’intérêt de sauver la planète, refuse de se nourrir avec. Mais bon après, l’amour du chat peut être le plus fort ça je respecte hein 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Je vis dans un studio et j’ai deux litières compostables. Aucun problème d’odeur, vraiment ! C’est vrai qu’ils sortent mais ils utilisent beaucoup leurs litières (trop domestiqués haha).
      Pour la nourriture bio je dois avoir de la chance ! ^^ Peut être parce qu’ils sont nourris avec depuis qu’ils sont en âge de manger des croquettes.
      Après pour le fait que « la nature ne se régule pas si un carnivore domestiqué et entretenu sévit dans les parages » je prends note 🙂

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s