Le bonheur de donner ou l’art de se désencombrer

Avons-nous vraiment besoin de cette série d’objets qui envahissent notre espace ? Utilisons-nous ces quatre tasses à café empoussiérées au fond du placard de la cuisine ? Portons-nous vraiment tous les vêtements, sans exception, qui se trouvent dans nos armoires ?

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L’être humain aime à collectionner les objets, se plaît à posséder. Pour se rassurer. Parce que le vide l’angoisse, le renvoie à une conversation inévitable avec lui-même. Se retrouver face à soi, seul à seul, c’est ce que redoute l’Homme plus que tout. Alors, pour pallier à ses angoisses existentielles et faute de réussir à se remplir spirituellement ou intellectuellement, il collectionne, achète, compulse, entasse. Il s’entoure de bibelots rassurants qui lui rappellent son enfance et sont autant de doudous qui l’aident à passer des caps émotionnels dans sa vie. En cela, et en bien d’autres choses, l’humain a tout faux. Au bout d’un moment, il réalise que les objets non plus ne parviennent pas à le rendre heureux et, tel un poisson envoyant de grandes pelletées de sable dans son aquarium, il étouffe. Alors, il lui faut ouvrir les yeux.

 

Beaucoup d’hommes et de femmes sont de nos jours pris d’une envie irrésistible de se « désencombrer ». Ils jettent, donnent, vendent. Tous les moyens sont bons pour nettoyer l’espace, redessiner les contours de son espace vital, s’offrir un peu plus d’oxygène et revenir à l’essentiel. D’abord, il faut redéfinir ses besoins. C’est tout simple ! Tout objet non utilisé, non porté depuis un an ou plus doit être évacué. S’il est au placard, c’est que nous n’en avons plus l’utilité. En cas de doute, remiser ces petites choses que l’on soupçonne d’inutilité dans un coin, en haut d’une armoire. Si on les reprend, c’est qu’on en a encore besoin. Sinon, si on les oublie pour de vrai, c’est qu’elles sont prêtes à débarrasser le plancher.

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Dominique Loreau explique tout cela très bien dans ses livres. Elle nous déculpabilise, nous propose des conseils et de la méthode pour parvenir a recréer de l’espace et ainsi respirer chez soi sans toute cette pollution matérielle. « Ne garder que les choses -photos, livres, objets- vibrantes d’énergie ». Tout le reste est superflu. Ne conserver que ce qui est vraiment utile; tout ce qui est en double, usé, peu utilisé : du balai, poubelle ! Les vieux vêtements portent encore la trace des mauvais souvenirs ? Du vent ! Il s’agit de vivre avec le présent, en cohérence totale avec notre style de vie actuel. Une question est essentielle lorsqu’on entreprend un tel processus de désencombrement : si ma maison brûlait, si je perdais tout, qu’est-ce que je rachèterais ? Si peu de choses, en réalité…

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Une fois que les premiers pas sont faits sur le chemin, que faire des objets dont on ne veut plus ?

  • Les jeter. C’est une option. S’ils sont vraiment trop abîmés, s’ils ne servent plus à rien ou sont cassés.
  • Les vendre. Certains ont besoin d’économiser, de récolter un peu d’argent de poche ou d’arrondir leurs fins de mois difficiles.
  • Les échanger. Cela se fait de plus en plus. Le troc redevient à la mode, notamment en ce qui concerne les vêtements, ou encore les livres. Internet regorge d’idées et d’adresses sur le sujet.
  • Les donner. Parce que le don est un acte gratuit et gratifiant, qu’il nous rend heureux tout autant que la personne qui reçoit et nous libère des poids inutiles que représentent nos objets.

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Voici deux idées qui semblent intéressantes:

  • Le calendrier de l’Avent inversé. Dénichée sur internet, cette initiative prend le contrepied du calendrier classique qui consiste à recevoir chaque jour un petit présent, un chocolat, un cadeau, et ce jusqu’à Noël. Au contraire, le calendrier inversé préconise de déposer, chaque jour, un objet inutilisé dans une boîte. Au terme de la période qui précède les fêtes, il s’agit d’aller donner le contenu de notre boîte à quelqu’un, par exemple par le biais d’une association, qui en a besoin.
  • La boîte à don. Fruit de l’imagination de l’ingénieux Allemand Andreas Richter, cette initiative vise le partage gratuit d’objets au cœur de la ville. Pourquoi ne pas reprendre cette idée lumineuse à notre compte et déposer une boîte à dons dans notre village, ou chez nous, dans notre maison, et ainsi y déposer quotidiennement ce dont nous ne voulons plus ?

Reste une question en suspens : comment, au sein de notre société éprise de nouveauté et attirée par la consommation à outrance, guidée par la soif de possession, comment alors donner à nos enfants le goût du don, quand la liste de Noël remplie d’utopies pointe le bout de son nez, quand la mode dicte sa loi dans la cour de récréation, quand il est si difficile de se séparer de ses jouets de bébé ?

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2 réflexions sur “Le bonheur de donner ou l’art de se désencombrer

  1. J’adopte cette idée depuis un petit moment maintenant et ça fait du bien !
    Donner une fringue si je ne la porte plus, ne pas m’encombrer de papeterie, donner la vaisselle que j’ai en trop, ne pas acheter de choses superflues …
    Une état d’esprit même si il m’arrive de craquer parfois sur quelques chose dont je n’ai pas forcer la nécessité de posséder mais je suis encore humaine et si cela me fait plaisir, c’est parfait 😉

    Aimé par 1 personne

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