Magie de Noël, es-tu là ?

« Maman, vu que Noël c’est la naissance de Jésus, et vu que tu ne crois pas en Jésus, alors pourquoi tu croirais au Père Noël ? ». C’est à la fois une question piège, une remarque pétrie de bon sens et un déclencheur de réflexion que cette interrogation là. Si l’on n’est pas chrétien, Noël se voit alors dépouillé de sa symbolique religieuse et il n’en reste plus que le bonhomme rouge et la course aux cadeaux dans les magasins surpeuplés. Étant donné que nous avons depuis longtemps passé l’âge de croire au Père Noël et que la consommation de masse ne nous fait pas vibrer plus que cela, l’adhésion à la « magie » de Noël semble bien compromise…

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Pour beaucoup de non croyants, il s’agit d’une fête de famille, d’un moment de réunion et de partage. Ne nous leurrons pas. Il ne s’agit que d’un instant au cours duquel, souvent, le foie gras et les truffes en chocolat ne suffisent pas à étouffer les querelles que l’on tente de mettre entre parenthèses pendant quelques heures. Un jour, lassés de ne pas savoir quoi offrir, de chercher une idée comme une aiguille dans un champ de blé, de se forcer aux convenances à un moment T, nous avions fait germer l’idée de fêter Noël… le 15 août. Entre cousins, nous rêvions alors d’un grand pique-nique au jardin, de fleurs des champs en guise de couronne, d’une salade de tomates du potager pour remplacer la bûche et d’aucun cadeau. Juste être ensemble, au soleil, rire et discuter. Se retrouver sans aucun prétexte. De l’eau a inondé les rives sous les ponts et nous avons cédé à la « tradition »…

Et puis, cette année, la « magie » n’opère plus. Il y a les attentats. Il y a la guerre en Syrie. Il y a les pauvres dans la rue. Il y a les mensonges qu’on ne veut plus entendre, les convenances auxquelles on n’adhère plus. Très vite, on n’a plus envie d’acheter, plus envie de décorer, plus envie de fêter. Vite, trouver une alternative. Plutôt que de sombrer dans le vide que l’on a créé après s’être dépouillé du superflu, du faux et de l’inutile, meubler cet espace comme on l’entend, en faire quelque chose qui soit nous, pour de vrai. Aller chercher une branche dans le jardin, la décorer discrètement. Offrir de petites choses, pas pour le prix, mais pour le geste. Risquer de se faire incendier parce qu’on n’a pas respecté la liste de Noël, mais avoir l’envie profonde de transmettre autre chose : que de s’aimer, c’est tous les jours ; que penser aux autres avant de penser à soi, c’est essentiel ; qu’une attention est mille fois plus précieuse qu’un sapin garni de paquets ; qu’un instant rend souvent plus heureux qu’une fête luxueuse ; qu’un coucher de soleil sur l’océan est incommensurablement plus beau qu’une tablette hi tech. Sommes-nous les seuls à voir les choses ainsi ? Sommes-nous d’irréductibles idéalistes ?

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