Quatre saisons à la Pampa

Quatre saisons. Un an. Douze mois, un été, un automne, un hiver et un printemps. Déjà. Le temps de voir la nature, le jardin changer, les hommes travailler et les champs évoluer. Le temps de le voir passer. Pas comme en ville où tout est linéaire, où tout est similaire et uniforme. Gris. Béton. Ici on a des repères. Sans calendrier, sans date, juste en regardant dehors on sait à quelle époque on est.

L’automne

Dernier feu d’artifice avant l’endormissement. Les arbres éclatent d’ors et de cuivres. Symphonie de la nature. Ultimes soleils. Puis c’est la chute. Les tournesols ne sont plus. Labour. Rideau. Alors les feuilles tombent et on les recueille. Coup de balai sur nos joies estivales si loin déjà. Le marron domine. Roux. Châtain. On s’emmitoufle. Il pleut. Premières buées derrière la vitre. Les grues s’en vont et nous on rentre. La maison nous accueille. On allume le chauffage. C’était beau, cet au revoir.

L’hiver

Givre, la campagne est blanche, plus rien ne bouge. Les levers de soleil sont magiques et, rien que pour ça, on aime se rendre tôt au travail. La route est si belle, entre les champs cotonneux de brumes et les vaches auréolées d’une vapeur irréelle. Le ciel prend des couleurs qui n’existent qu’ici. Les roses hivernales sont figées dans une robe de dentelle blanche. Bonbons glacés d’un sucre immaculé. Dans le jardin, on prend le froid. Le visage se régénère, le corps se serre dans ses manteaux. Ce n’est pas une mort, juste une sieste. On sait, on sent que la nature nous cache quelque chose et va s’éveiller bientôt.

Printemps 

C’est l’explosion, ça germe de partout, ça pousse comme une folie de plantes et de fleurs multicolores. Tulipes, jonquilles, primevères, muguet, on ne sait plus où donner de la tête, pris dans un tourbillon de couleurs insensées. On rit sans raison, on sourit dès que les stores se lèvent sur le jardin. Les champs deviennent verts, le blé tendre ondule dans le vent, l’orge, le maïs, tout prend forme. Le ciel devient bleu, les jours deviennent long et on devient gai. On rêve de l’été comme d’une promesse.

Été

Sans détours, ma saisons préférée. Les vacances sont sur le pas de la porte et nos bagages sont prêts dans la tête. Les champs sont blonds comme les blés, blonds vénitiens, dorés. Les tournesols, telles des actrices en quête de gloire, tournent leur visage vers le soleil, projecteur suprême. Le matin, en pleine lumière ; le soir, plus humbles, tout en retenue dans leur caprice. Les agriculteurs s’activent sur leurs terres et jusque tard dans la nuit on voit les monstres rouges, tous phares allumés, scalper les céréales et vomir de la poussière ambrée. Au matin, on découvre les bottes de paille, sculptures géométriques, installations temporaires, jusqu’à ce qu’un camion, dont on ne sait comment il a atterri au milieu de ce désert jaune, les charge dans sa remorques et les embarque on ne sait où. L’été, on pourrait en parler pendant des heures tant c’est beau. Chez moi, la nature est photogénique.

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