Souvenirs de jardins

Le verger

Du haut de mes premiers pas, le chemin en pente semblait montagnard et les arbres fruitiers du vergers de grands parasols verdoyants, vénérables troncs striés et branches tentaculaires croulant sous les fruits. Pommes et poires. Pêches, je crois. Plein soleil sur mes petits yeux plissés. Démarche hésitante. Allée interminable dont je ne me souviens plus à quel monde mystérieux elle menait.

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Le potager

Dernière image de mon adolescence : toute la famille le dos courbé pour arracher la totalité des plans de pommes de terre. Fin du jardin. Terre nue. Conclusion de l’enfance pendant laquelle mes papilles ont savouré les framboises rouges et les jaunes, mes préférées ; les fraises énormes, chaudes et sucrées. Souvenirs aussi de soupes au poireaux que je n’aimais pas trop à l’époque, de carottes à n’en plus finir et de potirons, ah, les potirons… Tartes et flans sucrés, galettes à la la citrouille persillée et poivrée dans de la pâte feuilletée. Délices d’hiver à jamais perdus.

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Le jardin d’enfance

Le grand sapin bleu, surtout, qu’est-ce qu’il était beau ! C’était le totem, l’abri, le partenaire de jeux de cache-cache solitaires, l’élément exotique de ce jardin tout en longueur dans lequel je vivais, enfant, de grandes aventures. La balançoire était mon avion ou mon train et je partais, au choix, dans les Andes, au Mexique ou dans les îles. Sur le côté de la maison, il y avait le fil à linge et les grands draps blancs qui y séchaient, j’ai l’impression, à longueur d’année. Pendant ce temps là, je m’entraînais sans conviction avec mes antiques patins à roulettes en fer, lourds aux chevilles, à faire des allers et retours en m’agrippant tantôt aux draps, tantôt au crépis crème et rêche du mur de la maison. Derrière, sur un côté du jardin, il y avait un petit passage entre les grands thuyas et qui menait chez les voisins. A côté, c’était la véranda qui me plaisait, avec ses fauteuils en rotin. A côté, c’était la Guadeloupe, le Canada, Venise, les voyages à perte de vue et la collection de masques et d’éléphants sur les étagères.

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Le jardin parisien

Les soirs d’été surtout, on y sentait les odeurs incongrues en ville des plantes aromatiques. Il y avait comme une compétition pour savoir qui de la sauge, du thym, du romarin ou de la lavande allait prendre le dessus sur les autres. Étonnant que ce jardin provençal sur les marches duquel j’ai pris des thés rouges réconfortant les soirs de solitude extrême. Il faut croire que les senteurs et les allures provençales de cet écrin de silence dans le brouhaha citadin avaient des vertus insoupçonnées.

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De leur influence sur la Pampa

De tous ces souvenirs, quelques uns restent incrustés dans ma mémoire et se sont transformés au fil de cette année à la Pampa en souhaits. Envie de créer un jardin des senteurs pour accompagner le thym et la ciboulette que nous avons déjà dans un coin. Envie de framboisiers pour compléter la saveur du mûrier, du raisin et des groseilles (y en aura-t-il tous les ans ?). Envie de grands arbres, mais là, le noisetier qui semble centenaire tient toutes ses promesses, c’est déjà presque une forêt ! Les arbres fruitiers, la taille, la croissance, la récolte, le gel, les bourgeons, tout cela m’impressionne et ne me tente pas encore. Le potager, quant à lui, germe doucement dans nos têtes. Mais pourquoi se précipiter quand nous avons la vie devant nous ?

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