Le premier feu

Il y a quelque chose de primitif dans le fait d’allumer un feu, de provoquer une étincelle, puis une flamme, puis de découvrir la douce chaleur qui s’en dégage. Il y a longtemps de cela, des hommes ont inventé le feu. En fait, c’était hier. Le geste est toujours le même, la surprise de réussir ce prodige toujours intacte. Pourtant, ce n’est pas une mince affaire…

Depuis plus d’un an que nous sommes installés à la Pampa, nous n’avions jamais allumé la cheminée. Un hiver était passé et avec lui le confort du chauffage central et, aussi, il faut l’avouer, la peur. Le feu, comme l’eau, effraie par sa force et son caractère incontrôlable. Et puis, octobre de la deuxième année arrivant et, avec lui, les premières fraîcheurs, la maison s’est faite plus froide. Humide. Et la cuve à fuel était encore vide. Ce dimanche, malgré nos deux pulls, nous avons eu envie de nous lancer. Du bois, beaucoup de journaux, de grandes allumettes et la magie a opéré. Malgré le faible tirage de notre cheminée, le feu est né.

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Souvenons-nous… Des matins d’hiver où le froid mordait dès qu’un centimètre du corps sortait de la couverture. Le bruit des bûches que l’on mettait dans la cheminée. Plusieurs essais et le souffle caractéristique qui résonnait. Enfin, pouvoir se lever sans crainte. Les pommes de terre cuites dans la braise, un peu trop noircies parfois, d’autres fois noires et encore croquantes en leur cœur et le beurre fondu dessus. Un feu chez des amis et de la musique, des discussions à bâtons rompus devant l’âtre et la sensation d’être bien.

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Au-delà de la poésie, il n’en demeure pas moins que le côté technique est important. Chaque année, nous faisons ramoner la cheminée. Il le faut. La norme est d’une fois par an minimum et plus si affinité, tout dépend de la règlementation départementale. Le certificat de ramonage est à garder précieusement en cas de problème, de manière a bien être pris en charge par l’assurance.

Une fois les choses sérieuses évoquées, revenons à la beauté du feu. Apaisante, l’observation des flammes dorées et incandescentes qui dansent derrière la vitre vaut toutes les méditations. Énergisante, la force qui se dégage du feu pénètre en nous et semble nous transférer de l’énergie supplémentaire. Rassembleuse, la cheminée attire les corps comme un aimant et, autour d’elle, les histoires, les chants, les contes et les confessions prennent forme. Mystique, le feu est un Dieu, un pouvoir, un receveur d’offrandes dans de nombreuses civilisations, comme par exemple en Bolivie où, chaque mois, on brûle des sucreries en forme de maison, de voiture, d’enfant ainsi que de l’encens, que l’on offre à la Pachamama, la terre mère, afin de lui demander protection, bonnes récoltes et bienveillance pour la réalisation de nos projets, et pour la remercier des richesses dont elle nous permet de profiter.

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Le premier feu de la Pampa n’est certainement pas le dernier…

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3 réflexions sur “Le premier feu

  1. quand on allume un feu le dimanche d’une journée d’un bon froid sec, je sais que je vais restée scotchée devant avec un bon bouquin et un mug ! (tout juste si je prends le temps de manger) bien mieux que la TV comme programme 😉 Je vous souhaite beaucoup d’autres feux pour rythmer votre hiver !

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