Dans le système ou hors système

Notre bon vieux système de l’Education Nationale est toujours vivement critiqué. On le trouve mauvais, d’autant plus si l’on se pique de le comparer avec des modèles dits « meilleurs » comme ceux des pays nordiques. On vilipende les réformes à répétition, le manque de valorisation des enseignants, le fonctionnement bureaucratique, l’absence d’égalité des chances et des méthodes qui ne portent pas leurs fruits. D’autres alternatives existent à ce système : les écoles privées, confessionnelles ou non, les écoles Montessori ou Steiner, celles qui appliquent la méthode Freinet, les lycées et collèges expérimentaux, ou de manière plus radicale l’école à la maison. Ce que nous allons explorer ici, ce ne sont pas les écoles elles-mêmes, mais leurs principes éducatifs. Car si certaines d’entre elles sont bel et bien sous la responsabilité du Ministère de l’Education Nationale, d’autres au contraire restreignent leur accès par des tarifs prohibitifs ou centrent leur enseignement autour du fait religieux. Si à la Pampa il existe deux principes sur lesquels on ne transige pas, ce sont bien les suivants :

  • l’école doit être gratuite

Pour que TOUS les enfants aient les mêmes droits, les mêmes conditions d’accès à l’enseignement, la même qualité d’enseignement dans tout le pays et pour que leur condition sociale s’efface une fois la porte de l’établissement franchie, il est indispensable que l’école soit gratuite. Il est impensable de faire payer pour recevoir un savoir, pour être éduqué et instruit. La France a déjà suffisamment de mal avec la non mixité sociale et le sujet épineux de la carte scolaire et de ses multiples dérogations possibles pour en plus rajouter à ces inégalités omniprésentes sur le territoire celle de l’aspect financier. D’ailleurs, que ce soit dans l’enseignement payant catholique ou laïc, il est intéressant d’enquêter sur les vraies raisons de ce choix de la part des parents : souvent, celui-ci obéit plus à un rejet de la population qui fréquente l’école qu’à un véritable choix actif d’établissement. Les écoles ne font que payer les pots cassés d’une mixité sociale ratée dans nos villes.

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  • l’école doit être laïque

La religion est quelque chose de privé. Contrairement à d’autres pays qui reconnaissent une religion comme officielle, l’Etat français est laïc. Là encore, la question n’est pas sans susciter des débats permanents en ce qui concerne les signes religieux extérieurs, les propos à tenir ou non, mais ce qui est sûr et certain c’est que l’enseignement, l’éducation, l’instruction ne doivent pas se mêler de religion. Chacun est libre d’inscrire son enfant à un cours d’enseignement religieux, c’est une liberté indiscutable. Cependant, cela doit absolument se faire en dehors des murs de l’école. Dans certains pays, l’Eglise a une telle mainmise sur l’éducation que les parents sont obligés de demander une dérogation afin que leur enfant reçoive un enseignement laïc. La France n’est pas de ceux-là et il est essentiel de conserver notre particularité. On ne transige pas avec la laïcité.

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Une fois que l’on a dit cela, deux options s’offrent à nous : ou bien sortir du système parce qu’on s’y sent enfermé, frustré dans nos intentions, censuré dans nos élans pédagogiques et infantilisé par des programmes et des mises en œuvre correspondantes trop cadrés ; ou bien rester coûte que coûte dans le système et tenter, à son échelle et dans la mesure du possible, de mettre son grain de sel dans sa pédagogie en s’inspirant d’autres méthodes, d’autres systèmes éducatifs, d’autres façons de faire. Les questions qui restent en suspens sont les suivantes : jusqu’à quel point est-il possible d’innover dans un système relativement figé ? Une fois que l’on touche aux limites, est-il encore tenable de rester dans le système ?

Le débat a été relancé avec le succès commercial du livre de Céline Alvarez, Les lois naturelles de l’enfant, publié en 2016. De nombreux enseignants et parents ont adhéré à ses propositions. Or, beaucoup de professeurs se sont sentis piqués au vif par cette institutrice qui ne faisait que révéler au grand public et à grand renfort de communication à l’américaine ce que eux faisaient déjà dans leurs classes depuis longtemps et dans un silence de pierre tombale. Le manque de reconnaissance des enseignants est revenu sur le tapis, de même que le fait que Céline Alvarez, avec son expérimentation dans une école de Gennevilliers et le livre qui en découle, n’a peut-être rien fait d’autre que la promotion de la méthode Montessori. Deux conclusions se dégagent alors de ce fait d’actualité : d’une part, d’autres méthodes existent et, tout en n’y adhérant pas à cent pour cent, il est possible d’aller s’en inspirer ; d’autre part, les enseignants innovants dans le système ne sont pas suffisamment écoutés, voire pas du tout, ce qui fait que l’on garde encore de l’Education Nationale l’image d’un mammouth fossilisé aux pratiques arriérées.

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A la Pampa, le débat reste ouvert en permanence, un débat auquel vous pouvez participer et dont les prochains articles se feront l’écho.

 

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