Prête à vivre dans une tiny house ?

Cet article fait suite à un reportage sur un jeune couple allemand qui, incapable de payer un loyer dans des villes hors de prix et déjà saturées, et pourtant désireux de se sentir quelque part « chez soi », a pris la décision d’investir dans une « tiny house » en bois. L’avantage de ce mode de vie ? La possibilité de s’installer à peu près là où on veut (principalement sur des emplacements de campings, car sur d’autres terrains il faut un permis de construire) et la mobilité, puisque d’un coup de remorque la tiny house se déplace. Un autre avantage et non des moindres réside dans le coût, puisqu’aujourd’hui en France on peut s’offrir une maisonnette en bois pour un prix oscillant entre 20 000 et 40 000 euros. Cette tendance s’inscrit dans le fameux mouvement de « simplicité volontaire » qui veut rompre avec la surconsommation et notre manie de posséder des tas de choses inutiles. Il obéit également à une philosophie écologique puisque les tiny houses sont souvent autonomes en énergie, grâce à l’utilisation de panneaux photovoltaïques et la récupération des eaux de pluie. On peut s’alarmer du manque de logements ou des prix exorbitants de l’immobilier qui poussent les citadins à s’entasser à plusieurs dans des chambres de bonne sans ascenseur et sans sanitaires pour la modique somme de 800 euros minimum, mais nous choisissons ici de ne pas nous lancer dans le débat. Nous évoquerons principalement un inconvénient majeur à ce style de vie : l’espace. Comment faire tenir dans 20 m² tous nos vêtements, nos objets, nos ustensiles et autres bibelots décoratifs ? Dans le cas du jeune couple du reportage, chacun voit cela d’un œil différent : lui, déjà minimaliste sans se revendiquer d’aucun mouvement, sait déjà que ses affaires tiennent dans un tiroir ; elle doit encore procéder à l’élimination d’un certain nombre de choses pour espérer tout faire rentrer dans son nouvel habitat.

Tout cela m’a amenée à une réflexion qui fait écho à la présence d’un certain nombre de « tas » hétéroclites dans la maison (composés de factures, de revues, de documents, de livres…) et à l’incapacité des habitants de la Pampa à garder des surfaces désencombrées (voir ici). Soudain, je me suis dit : et si moi, aussi, demain, je devais emménager dans une tiny house ? Autant avouer de suite que ce serait proprement la catastrophe. Au fil des années, ma capacité à ne garder que l’essentiel et qui était due à mes nombreux déménagements ainsi qu’à ma vie dans de petites surfaces, a fondu comme neige au soleil. En 10 ans, je suis passée de 6 m² à 110 m², avec plus ou moins le même nombre d’habitants. La tiny house n’est vraiment pas pour demain… Pourtant, je n’ai pas abandonné là ma réflexion et me suis penchée sur la question du « comment faire pour éliminer » (déjà abordée dans cet article)…

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La cuisine

Première pièce passée au crible et illustrant le syndrome de collectionnite. En ce qui concerne la vaisselle, les deux tasses et trois assiettes vues dans des documents sur des personnes ayant adopté une existence minimaliste impliquent deux choses inconcevables à la Pampa : des vaisselles après chaque repas et un nombre restreint d’invités. Les assiettes en cartons et autres ustensiles jetables étant bannis, on estime que l’on ne s’en sort pas si mal. Pourtant, pourtant… Pourquoi garder ces deux antiques moulins à café Peugeot inutilisés ? Ces pots avec du thé périmé ? Un tri est nécessaire. En ce qui concerne les recettes, la solution est déjà trouvée : recopier dans un carnet celles qui sont le plus souvent réalisées, tout en se laissant la possibilité de les éliminer en collant par dessus une recette plus facile ou qui nous plaît plus. Et, malgré un amour inconsidéré pour les livres (nous y reviendrons), ne garder que quelques ouvrages coups de cœur sur l’étagère.

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La salle de bains

Deuxième pièce de la maison susceptible d’abriter des collections avec en première place : le maquillage. Cette teinte là me plaît. Celle-ci conviendra parfaitement pour l’été. Celle-là fait très « soirée ». Et c’est ainsi que l’on se retrouve avec une panoplie de fards à paupières dont on n’utilisera jamais certains. La solution est toute trouvée : les ranger dans une petite boîte et, quand celle-ci ne ferme plus, éliminer. Par contre, les multiples essais infructueux en terme de shampoings, gels douche et crèmes hydratantes provoquent un entassement de produits auquel il faudrait d’urgence remédier. Heureusement, je me console en me disant que je n’ai qu’un parfum, que j’utilise un déodorant solide, c’est déjà ça !

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Le salon et le bureau 

Le lieu par excellence de l’embouteillage, celui des fameux tas hétéroclites. Prenons l’exemple de la nature morte qui trône sur la table du salon : des journaux, deux BD, des factures, un paquet de mouchoirs, une carte vitale égarée, une pochette cartonnée et quelques miettes. Contrairement à ce que prône la célèbre Marie Kondo, il est difficile de se résoudre à jeter tous les papiers administratifs sans distinction. Les avis et factures électroniques semblent être un bon compromis. Par contre, là où il y aurait une bonne sélection à faire, c’est dans les documents de travail. Des pochettes entières regorgent de documents pédagogiques, de « au cas où » et de « pourquoi pas » collectés au fil des années de pratique. Pour certains, plus d’actualité ou plus inspirants, il serait temps de s’en débarrasser et il est possible qu’il s’agisse de la majorité. Pour ceux qui restent intéressants, le remède serait de les scanner, puis de les jeter. Au feu ! Au feu, également, les journaux déjà lus ainsi que les magazines. Ah, les magazines. Le papier glacé ne brûle pas très bien, il faudrait simplement arrêter d’en acheter de manière compulsive. Ou bien ne garder que les articles ou les photos qui ont suscité de l’intérêt, accepter de se débarrasser du reste. Vient alors le problème des découpages : que faire des images ou des articles conservés ? Une sorte de cercle vicieux s’instaure : les coller dans des carnets, quitte à augmenter le nombre de carnets ? C’est sans fin ! A moins de vendre les fameux carnets ou de les offrir, ce qui serait assez malin… Enfin, ce sont les livres qui occupent le plus d’espace. Même en en donnant beaucoup, souvent, il y en a toujours qui arrivent par la Poste ou se trouvent comme par erreur entre mes mains dès que je sors d’une librairie. Je ne me résous pas à acheter une liseuse, le contact du papier me plaît trop. Alors, que faire ? La décoration, bibelots, cadres et bougies sont beaucoup mois compliqués à gérer que les livres. Ne garder que les choses qui sont importantes et qui nous ressemblent. Surtout, pas de « je garde parce que X ou Y me l’a offert » !

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La chambre

Déjà évoquée dans un autre article, la sélection des vêtements est assez facile à faire. Cette jupe n’a pas été portée pendant plus d’un an ? Il faut la donner. Et pour chaque nouveau vêtement acheté, un ancien doit débarrasser le plancher. Les foulards échappant malheureusement pour le moment à ce mode de tri… En revanche, le cas des bijoux est épineux. Combien de boucles d’oreilles et de bracelets se mélangent dans les tiroirs en porcelaine du coffret à bijoux !… En toc, en or, en argent, en cuivre, souvenir de vacances, de voyage, cadeaux… Combien en porte-t-on réellement ? Très peu, en proportion. Donner ce qui est encore joli et, de grâce, jeter ces boucles d’oreilles en toc achetées 3 euros sur un marché de province à un pseudo vendeur d’artisanat !

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En toute humilité, je reconnais mon échec complet à pouvoir me loger demain dans une tiny house. Cependant, j’espère encore faire des progrès et me séparer de l’inutile, du trop, de ce qui encombre et ne diffuse aucune joie.

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