L’art est une thérapie

Le tour des médecines complémentaires n’est jamais terminé. Après avoir testé le kinésiologue et avoir pris peur, validé à vie l’acupuncture, plébiscité le coiffeur, après m’être intéressée à la médecine chinoise, laissée impressionner par les vertus de la micro kiné et avoir pratiqué quotidiennement le yoga, on aurait pu se dire que ma liste était quasi exhaustive. Pas du tout. Tout ce qui est susceptible de nous faire du bien, de nous aider à guérir peut être élevé au rang de médecine complémentaire. L’une d’entre elles, et non des moindres, manquait au panorama : l’art. La peinture, la danse, la photographie sont autant de façons d’exprimer son ressenti, de se libérer de nos tensions et de chercher, à travers la beauté, la paix intérieure. Nul n’est besoin d’être un expert ou un génie pour se lancer !

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  • La peinture, le dessin et la photographie

Lorsqu’on se rend dans un musée ou qu’on visite une exposition, qu’est-ce qu’on cherche ? La beauté, sans aucun doute. A être interpelé, aussi. A lire dans les œuvres des artistes une expression du monde qui nous frappe, nous séduit ou nous bouleverse. Devenir à son tour peintre, dessinateur, photographe, c’est essayer de saisir le monde qui nous entoure ou bien nos émotions, de fixer sur la toile ou le papier brillant l’essence de quelque chose, que ce soit un sentiment, une colère, un personnage, un objet ou un paysage. Les photos peuvent paraître vaines quand elles ne s’exposent pas et demeurent stockées dans un disque dur d’ordinateur. Or, le simple fait de se mettre à guetter la belle image, de se dire que celle-ci ferait une belle photo, d’entraîner notre œil à cela nous entraîne également à adopter une autre façon de voir le monde et de le trouver beau et digne d’intérêt. Quant au dessin, même s’il nous semble simple gribouillis, il apaise les tensions et, par le mouvement de la main, des doigts, du poignet, nous entraîne à nous concentrer et à réapprendre la minutie.

  • La littérature et l’écriture 

Qui ne s’est pas identifié à un personnage de roman ? Qui n’a pas trouvé des réponses à des questions existentielles dans la littérature ? Lire nous permet, certes, de nous évader, d’ouvrir une fenêtre et de nous échapper de la réalité, mais c’est aussi l’occasion de retrouver dans les mots des autres les maux que nous ne parvenons pas toujours à exprimer. Un bon livre vaut parfois une coûteuse thérapie. Noter des phrases qui nous ont marqués dans un carnet pour s’en souvenir plus tard constitue une série de jalons que nous posons pour nous guider dans l’existence, des devises vitales qui nous recentrent et nous encouragent. Les biographies d’une femme forte ou d’un explorateur sont capables de nous hisser à un haut niveau de bien-être, parce qu’elles sont des exemples à suivre. Loin de nous frustrer en nous mettant sous le nez ce que nous ne serons jamais, ces récits accompagnent notre progression pour devenir meilleurs. Écrire, en revanche, c’est déjà être dans l’action, prendre la parole et nous prendre en main dans l’expression de nous-mêmes. Raturer, recommencer et chercher les mots justes, un véritable travail d’orfèvre.

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  • Le théâtre

Jouer sa vie. Prendre de la distance. Dire les mots des autres, les réciter, y mettre un peu de nous, beaucoup. Voir la réalité autrement, de manière plus critique, plus poétique. Écrire comme une partition et parler. Prononcer à voix haute de belles phrases, bien écrites, faire sortir de notre bouche des bouquets de fleurs, des épines, des cailloux et de la soie, quel bonheur ! Apprivoiser sa diction, articuler avec soin, prendre du plaisir à s’écouter soi-même et afficher une assurance toute neuve. Pas un comportement prétentieux et hautain, mais au contraire le caractère sûr de soi de celui qui maîtrise le verbe.

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  • La musique

L’écouter, d’abord. La musique adoucit les mœurs et ce n’est pas qu’un proverbe. Elle dit ce que les mots ne suffisent pas à exprimer. Le violon pleure, le violoncelle rugit du fond de notre gorge, la percussion libère nos énergies et ainsi de suite. Ce n’est pas un hasard si certaines mélodies accompagnent notre vie et si, en entendant une chanson ou un morceau de musique, on est capable de se souvenir de ce qu’on faisait la première ou la dernière fois qu’on les a écoutés. Quand on la pratique, la musique nous enseigne la rigueur, la patience de recommencer sans cesse la même phrase jusqu’à atteindre une forme de perfection, jusqu’à se satisfaire de ce qu’on produit. Composer, c’est prendre le pouvoir, goûter à la liberté et puis la jouer, chanter, s’accompagner, c’est l’apothéose. Le chant et la musique ouvrent les cages, pas forcément thoraciques, mais les cages en général. C’est un art qui nous embellit, nous enveloppe et nous fait briller d’une autre lumière. Il y a jouer et chanter pour soi et puis il y a se présenter aux autres et partager, transmettre, faire circuler des énergies de la bouche à l’oreille, de l’instrument au cœur. La musique soigne, c’est une évidence.

  • La danse

Art suprême, la danse. Mon art. Comment en parler ? Regarder un ballet de Béjart, regarder danser Pina Bausch, regarder ses camarades de cours, regarder son professeur composer, c’est regarder la passion, la pureté, le geste parfait jusqu’au bout des doigts. La danse est un art entier qui entraîne le corps, les sentiments, les sensations, l’expression du visage et même le regard. La danse est une symphonie, un cri, une révolte et une déclaration d’amour. Danser, c’est apprivoiser le mouvement, redécouvrir chaque partie de son corps et lui faire dire quelque chose. C’est aussi un art de vivre. Quand on est danseur, on est danseur dans la vie courante aussi. Dans la façon de se tenir droit et tête haute pour affronter la vie, dans la manière de marcher en cadence et en élégance. Je connais une femme bousculée, malmenée et timorée après des années difficiles qui est devenue belle, qui a retrouvé le sourire et a changé du tout au tout en dansant. Elle s’est mise à sourire, son visage s’est ouvert, ses mouvements se sont faits plus amples, ses gestes plus doux et plus poétiques, elle s’est mise à danser sa vie. Chaque fois que je la vois, je me dis que la danse est une thérapie. Que la danse est essentielle à la vie.

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