La câlinothérapie

Non, ne riez pas. Au même titre que la chocolathérapie pour certains, la câlinothérapie existe et elle a de plus en plus de succès. Explications.

Dans nos sociétés individualistes, le sentiment de solitude est très fort. Nous sommes isolés à la campagne parce que nos amis ne sont pas à portée de main et que nous n’avons pas forcément d’affinités avec nos voisins ; mais nous sommes également seuls en ville, enfermés dans nos appartements, pris dans un rythme réglé comme du papier à musique et qui exclut l’imprévu et les rencontres. Jadis, on se réunissait, on partageait des choses, on prenait des nouvelles les uns des autres : le groupe protégeait l’individu. Aujourd’hui, lorsque nous souffrons d’isolement, nous nous réfugions derrière nos écrans. Le virtuel nous donne une impression de réconfort. Or, notre corps se raidit. Nous nous transformons en huîtres.

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Il faut dire que le toucher est devenu tabou dans nos pays qui penchent dangereusement vers un puritanisme hypocrite et où tout ce qui a un rapport avec ce sens pourtant essentiel est apparenté à la sexualité. Nous avons cependant besoin de contact physique. Rappelons-nous simplement des caresses dans les cheveux que nous faisaient l’air de rien nos grands-mères et qui nous faisaient tant de bien. Que dire de la sensation de plénitude qui nous envahit lorsque nous tenons un nouveau-né dans le creux de nos bras ou une petite main d’enfant dans la nôtre ? Que ce soit notre progéniture ou celle de quelqu’un d’autre, le résultat est le même : on se sent bien. Léger. Heureux. Mais pourquoi donc le câlin devrait-il cesser avec l’enfance ? Pourquoi les adultes deviennent-ils si froids, si tendus, si réfractaires à ce geste de tendresse et d’empathie ?

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En grandissant, on devient sérieux. On range les bêtises et les fous rires au grenier des souvenirs. On croit qu’être adulte, c’est être imperturbable. La société nous veut efficaces, pragmatiques, productifs. Nous lui devons beaucoup dans la perte de notre spontanéité. Parfois, si nous ne supportons pas que l’on nous touche, c’est parce que nous nous sentons inadaptés, trop souvent agressés par ce monde sans pitié où la compétition règne en maître. D’autres fois, c’est en réaction à une enfance traumatisée, à des gestes déplacés que l’on se renferme sur soi et que le toucher devient compliqué. Alors, on n’ose plus.

Et c’est là qu’intervient la câlinothérapie. Pour nous réconcilier avec notre corps, le ré apprivoiser. Pour recréer une approche de l’autre plus fraternelle et plus empathique. Pour nous rassurer, nous libérer de nos angoisses et nous guider vers le bonheur. En France comme dans d’autres pays, le statut des praticiens de médecines complémentaires est encore flou. Certaines sont reconnues, d’autres pas. Il faut dire qu’il en existe des dizaines et des dizaines, parmi lesquelles certaines n’ont encore rien prouvé scientifiquement. En fait, on n’a pas forcément besoin de se rendre dans un cabinet et de dépenser notre argent chez un(e) inconnu(e) pour la câlinothérapie…

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On ne vous incite pas forcément à vous poster au coin de la rue avec une pancarte « Free hug » promettant un instant de bonheur platonique à chaque inconnu qui passe (cf. Le film « Une semaine sur deux et la moitié des vacances scolaires », dans lequel Bernard Campan en fait un véritable sacerdoce). Mais admettons enfin qu’il n’y a absolument rien de sexuel lorsque qu’un(e) ami(e) nous fait un câlin. D’ailleurs, en Amérique Latine, l’ « abrazo« , cette manière de se saluer en prenant l’autre à pleins bras, en le serrant contre son cœur et en lui tapotant le dos, est très répandue. C’est une marque de générosité, d’amitié, l’expression pure et simple de la chaleur humaine. Reconnaissons que, si adultes que nous sommes, nous avons tous besoin de réconfort, d’être entourés, consolés, de recevoir et de donner dans ce geste du câlin tout ce dont nous avons besoin au quotidien. Prenons nos proches dans nos bras, régulièrement. Permettons-nous enfin de bercer l’enfant qui est tout au fond de nous !

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