Occuper les enfants pendant les vacances

Dans quelques jours, dans quelques heures, le refrain va revenir en boucle dans les chaumières. Après une année de trêve, quelques légers rappels pendant les petites vacances, la voilà qui s’amène avec tambours et trompettes, la fameuse phrase sans laquelle les congés d’été ne seraient pas ce qu’ils sont : « Maman, j’m’ennuie !… » C’est un fait, pendant les grandes vacances, les enfants s’embêtent. Même ceux qui détestent l’école en arrivent à regretter la salle de classe, l’emploi du temps (les camarades, il ne faut pas se leurrer). Certains adultes souffrent d’un syndrome identique qui les fait se languir de la reprise du travail une poignée de jours seulement après l’avoir quitté. Il est des gens qui aiment leur métier. Pendant ces huit semaines sans contrôles de mathématiques, sans réveil et sans devoirs (danse de la joie), comment occuper les enfants qui s’ennuient ?

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Le mouvement

Bouger, changer d’air et d’espace est une solution radicale pour éviter d’entendre la fameuse phrase. Aller visiter des musées, des fermes, des sites naturels ; faire des balades, aller se baigner, rendre visite à la famille ou aux amis, assister à des concerts ou des pièces de théâtre, rien de tel pour passer le temps. Si on répugne à se déplacer, on peut aussi inviter des gens, des camarades de classes, les cousins et cousines à la maison. L’enfant peut tenir un journal de bord de ces journées, en faire des albums photos pour s’en souvenir, raconter dans un carnet les visites faites et y coller les tickets d’entrée.

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Occuper les mains et l’esprit

Parfois, on n’a pas envie ou besoin de sortir tous les jours, de déployer une énergie monstre dans des activités d’extérieur. Quand on est adulte, une chaise longue et un bon bouquin suffisent souvent au bonheur (sauf pour ceux qui ont la bougeotte, bien sûr). Seulement voilà, la désormais célèbre phrase (« Maman, j’m’ennuie !… ») revient sans cesse dans le paysage sonore. Faire des activités avec les enfants est une façon de s’en sortir. S’ils sont assez débrouillards, on peut les laisser en quasi autonomie et se contenter de superviser, tel le chat qui ne dort que d’un œil. Quelques idées :

  • Faire la cuisine
  • S’occuper du jardin
  • Nettoyer la maison
  • Ranger (certains n’auraient pas assez de toute une vie de vacances pour ranger leur chambre…)
  • Jouer (aux cartes, au badminton, ou si on n’en peut vraiment plus, au roi du silence)
  • Créer une peinture pour un mur de la maison
  • Réaliser de petits bricolages
  • Organiser un atelier couture
  • Créer un emploi du temps de la journée (peut s’avérer délicat si l’enfant a prévu de faire des madeleines au chocolat avec vous à 15 h et qu’il stationne pendant deux heures dans la cuisine en attendant l’instant T où vous allez enfin vous rendre compte qu’il est 15 h 01 et sortir le fouet et les moules en silicone…)

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S’occuper seul

Et puis à un moment vous dites STOP, fini de faire de la garderie, « Maman, j’m’enn… »  » Occupe-toi tout seul maintenant ! » Évidemment, ni les figurines, ni les poupées, plus rien de l’intéresse. Les jouets n’ont plus aucune saveur. Le coloriage ou la lecture sont deux excellentes activités pour le cerveau et ne vous engagent plus : incitez vos enfants à les pratiquer (bien entendu, refusez poliment que vos rejetons viennent systématiquement vous raconter chaque réplique qu’ils ont trouvée drôle dans leur bande-dessinée). Les livres et les crayons sont bien entendus préférables aux écrans, bien qu’il ne faille pas non plus tomber dans l’excès et devenir des ayatollahs du romans jeunesse. Une demi-heure par jour de dessins animés n’a jamais tué personne. Afin de les distraire de manière moderne mais sans écran, pourquoi ne pas leur permettre d’écouter (à un volume raisonnable) la radio ou de la musique dans leur chambre ? En revanche, s’il vous plaît, oubliez les cahiers de vacances, ces carnets de torture intellectuelle pour parents en manque d’idées. L’école, c’est l’école. Le repos, c’est le repos. Certains enfants peuvent en faire la demande, dans ce cas, pourquoi le leur refuser, mais la plupart d’entre eux détesteront vous voir prendre le rôle de la maîtresse d’école en plein mois de juillet (surtout si c’est déjà votre métier, une sorte de double peine). Il y a tellement de choses plus intéressantes à apprendre en dehors du temps scolaire : la forme des feuilles des différents arbres, la reproduction des escargots, les anciennes mines de charbon de votre région ou l’histoire du château d’à-côté. Pourquoi s’enfermer entre les pages rébarbatives – la couleur n’y fera rien – d’un cahier de vacances ?

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Faut-il occuper les enfants pendant les vacances ? 

Comme on l’a compris, si le leitmotiv « Maman, etc… » vous pourrit le quotidien, il faut intervenir. Or, parfois, il faut aussi savoir se boucher les oreilles et laisser l’enfant s’ennuyer copieusement. D’une part, pour ne pas épuiser toutes ses cartouches et avoir encore des choses à proposer après le 15 août. Ensuite, parce que l’ennui est bénéfique. Comme dit Annie Dupérey, « il faut laisser les enfants s’emmerder, ça développe l’imagination ». Elle n’a pas tort. Tous les spécialistes vous le diront, trop organiser la vie des petits les transforment en êtres assistés, incapables de décisions et de choix propres. Les laisser s’ennuyer, c’est leur permettre de réfléchir, d’inventer, d’aller vers les choses qui les motivent vraiment. N’est-ce pas une joie que ce sourire triomphant et ce « Maman, j’ai trouvé quoi faire ! ». Un lit en carton pour le nounours, une robe de poupée cousue dans un vieux drap, le scénario d’un film écrit dans un petit carnet sont autant de preuves que, lorsque votre enfant s’ennuie, il finit toujours par imaginer des occupations que votre esprit cartésien n’aurait pas songé une seconde à lui proposer. Mieux, ce sont ses choix, ses conquêtes, ses idées folles qu’il est en train de réaliser. Et c’est ce qui fera de lui un adulte créatif, qui s’est beaucoup entraîné à rêver et qui ose transformer ses lubies en réalités. Si vous ne vous étiez pas autant ennuyés enfants, auriez-vous une vie intérieure aussi riche que celle que vous avez maintenant ? Toutes vos idées n’ont-elles pas germé pendant ces heures d’inaction où vous pensiez vous ennuyer à mourir ? Réalisez-vous aujourd’hui que vous ne vous embêtiez pas, mais que vous étiez en train de cultiver ce beau jardin de projets et d’envies que vous avez en vous ?

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