Une médecine complémentaire : le voyage

C’est d’ailleurs presque de la médecine préventive que d’entreprendre ce genre de voyage. Attention, on ne parle pas de voyage touristique pour voir de belles choses, prendre des photos et rapporter quelques jolis souvenirs. On parle de voyage initiatique, de déplacement en tant que quête et, par la force des choses, de voyage intérieur. Deux livres nous interpellent sur ce sujet. Et on va vite comprendre que, dans les deux cas, le voyage est provoqué par une prise de conscience, un besoin profond et métamorphose à jamais la personne qui l’entreprend.

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Liz Gilbert, Mange. Prie. Aime.

Dans le cas d’Elizabeth Gilbert, c’est le mal être dans sa vie qui la pousse à changer quelque chose. Journaliste, écrivaine, elle ne se retrouve plus dans sa routine ni dans son mariage. Elle est complètement perdue et décide finalement de demander le divorce. S’ensuit une petite descente aux enfers qui l’amène à se questionner sur le sens de sa vie et ce qu’elle veut vraiment. L’idée du voyage s’impose à elle : une année autour du monde pour lui permettre de se reconnecter avec elle-même, avec ce qui lui convient vraiment, apprendre à s’écouter et enfin trouver un sens à sa vie. Liz décide de partir pour l’Italie, l’Inde et Bali. En Italie, elle se nourrit de pizzas, d’amitiés et de beauté, au sens propre comme au figuré, donc. Elle retrouve le bonheur de se faire plaisir, de se faire du bien. En Inde, elle s’enferme plusieurs mois dans un ashram, où elle apprend la méditation et fait une partie de son séjour en silence. Sans parler, centrée sur elle-même, Liz fait face à ses culpabilités, ses angoisses, ses peurs, ses trop plein d’enthousiasme et ses films mentaux. Et c’est par l’attention et la pleine conscience qu’elle doit apprendre à résoudre ses contradictions. Enfin, elle se met en route vers Bali où elle allie les plaisirs de la vie et le spirituel, le fait de s’écouter, d’être en accord avec soi-même tout en laissant la place à l’amour. Si le livre est devenu un best-seller, c’est que le sujet touche tout le monde. On a tous des blocages plus ou moins grands qui nous empêchent d’être heureux. Et puis, la démarche ne laisse pas insensible. Partir un an autour du monde en fait rêver plus d’un (beaucoup plus excitant que des séances chez le psy !).

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Marine Barnérias, Seper Hero.

La problématique de Marine est différente de celle de Liz mais vous allez voir que les histoires se rejoignent. A 22 ans, alors qu’elle croque la vie à pleines dents, Marine reçoit comme un coup d’arrêt à sa jeunesse le diagnostic de sclérose en plaque, une maladie chronique invalidante. Avant d’opter pour tel ou tel traitement, la jeune femme ressent l’urgence de comprendre comment elle en est arrivée là et surtout comment elle peut enfin apprendre à vaincre ses peurs et à écouter son corps. Là encore, l’idée du voyage s’impose. Se couper des autres, de la famille, des proches, se retrouver seule avec elle-même et mener cette thérapie en tête à tête avec cette nouvelle colocataire qu’est la maladie. La Nouvelle Zélande est sa première étape afin d’éprouver son corps et de prendre conscience de chacune des tensions et des douleurs qui y surgissent, dans l’objectif de distinguer les pressions musculaires des symptômes de la maladie. Une fois qu’elle s’est familiarisée avec son corps et qu’elle sait l’écouter, Marine, tout comme Liz, part découvrir la méditation (en Birmanie cette fois) et faire une retraite silencieuse dans un monastère afin de dompter ses pensées et les déconnecter d’éventuelles réactions physiques. Enfin, elle fait étape en Mongolie, là où le dénuement et les grands espaces offrent tout le loisir de rétablir le lien entre le corps et l’esprit. Les malades chroniques saisissent parfaitement le sens de cette quête : être à l’écoute de son corps, apaiser son esprit pour que les pensées négatives n’interfèrent plus sur notre santé et trouver un sens à son existence, malgré la maladie. Aller de l’avant en suivant la petite voix qui vient de l’âme.

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Votre propre voyage

Vous allez me dire : c’est bien joli, tous ces voyages, mais tout le monde n’a pas les moyens ou  l’occasion de s’envoler pour la Patagonie afin de se libérer de ses petits ou gros traumatismes. Certes. Bien que, comme rétorquerait Marine, tout est possible. En fait, c’est à chacun d’entreprendre son propre voyage et cette itinérance initiatique est avant tout intérieure. C’est à chacun de trouver sa propre thérapie pour reprendre contact avec son corps, sa petite voix intérieure, par l’écriture, le yoga, la méditation, ou une thérapie plus encadrée, suivie par un professionnel de la psychologie. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour guérir et que le chemin en vaut toujours la peine. Alors, que vous soyez embêtés par de petites choses ou prostrés mentalement à cause de quelque chose de plus important, dès que vous vous sentez prêts – mais ne manque-t-on pas juste d’un mini-déclic ? – achetez votre billet pour l’introspection, ici ou au bout du monde. Accrochez-vous : la route est longue, sinueuse, éprouvante. Mais la personne qui naîtra de cette aventure, ce sera vous, enfin, pour de vrai.

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