Marcher

Ce n’est pas un hasard si la marche est largement plébiscitée. Or, cette activité en effet bénéfique pour notre santé recèle d’autres vertus parfois ignorées.

Il faut être privé pendant un temps de cette faculté pour se rendre compte qu’elle sous-tend toutes nos activités quotidiennes. Dès qu’on se lève le matin, une fois debout, on marche. D’une pièce à l’autre, à l’étage de la maison, dans le jardin et puis, par la suite, dans la rue, sur le trottoir et ainsi de suite jusqu’au soir. Réapprendre à marcher après un accident ou une opération, c’est reprendre contact avec une fonctionnalité essentielle de notre corps. Tester chacun de ses muscles, éprouver sa résistance et son équilibre. Plus symboliquement, marcher, c’est être debout pour affronter les épreuves, avancer, ne pas stagner, être dans une posture digne et en mouvement, imprimer une intention à chaque chose que l’on fait, en quelques mots : aller de l’avant. C’est ainsi que, lorsque tout va mal, lorsqu’on se sent à l’étroit dans notre vie, au comble de l’énervement ou du stress, on nous conseille souvent d’ « aller marcher ». Nous reviendrons plus loin sur l’aspect psychologique. Pour l’heure, parlons santé.

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La marche améliore notre condition physique, notre capacité respiratoire, oxygène nos poumons et, par conséquent, toutes nos fonctions vitales. Elle fait du bien à notre cœur, nos articulations et mobilise l’intégralité de nos muscles. On pourrait penser que l’on n’utilise que nos jambes, mais pas du tout ! Les bras aussi balancent, le dos travaille, les abdominaux se contractent et ainsi de suite. La marche est donc un sport complet. En marchant, nous nous prémunissons contre les maladies cardio-vasculaires, brûlons les mauvaises graisses, améliorons notre transit et le bon fonctionnement de nos organes. Bien évidemment, il ne suffit pas de dix minutes quotidiennes pour être guéri de l’ensemble de nos affections et il faut mouiller le maillot pour espérer entrevoir une amélioration. Il paraît que trente minutes par jour serait l’idéal. Il n’est pas évident pour tous de les caler dans un emploi du temps chargé, mais on peut essayer de faire plus de choses à pied, de garer la voiture dans les parkings à l’entrée de la ville et de faire le reste en marchant (par la même occasion, on limite la pollution et on fait des économies de parcmètres !). Le week-end, une petite balade matinale ou digestive en famille est un bon compromis pour sortir ensemble tout en pratiquant une activité agréable et positive. Si on est à la campagne, l’oxygénation se fera d’autant plus facilement. Dans les métropoles polluées, l’air est forcément moins pur… A moins de redécouvrir les parcs, jardins et autres bords de fleuves, car nous avons la chance d’avoir en France quelques beaux espaces de verdures dans les villes. Une fois que la question du corps est réglée – et gratuitement, ce qui n’est pas un argument secondaire ! – intéressons-nous maintenant au mental.

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Comme nous le disions plus haut, « prendre l’air », aller marcher pour « s’aérer », ce n’est pas seulement physique, c’est aussi mental. On ignore par quel miracle c’est possible, mais la marche nous remet les idées en place. A l’arrêt, on cogite, les idées se mélangent dans notre esprit et on ne trouve pas la clé de nos problèmes. Quand on se met en mouvement, que l’on déroule un pas après l’autre, on dirait que les pensées elles aussi s’enchaînent de manière plus logique, se font plus claires. Ce n’est pas pour rien qu’Aristote enseignait en marchant ! De même, quand on doit prendre une décision ou réfléchir à quelque chose de précis, ne fait-on pas les cent pas ? Lorsqu’on marche, on est plus concentré. On doit faire attention à chaque pas que l’on fait, l’esprit est par conséquent déjà aiguisé. Occupé à être pleinement attentif au mouvement, à l’endroit où on pose ses pieds sur le chemin, le mental ne s’éparpille plus : les pensées peuvent alors s’enchaîner plus logiquement, sans être emportées dans un tourbillon sans queue ni tête. L’expression fera peut-être faire bondir les puristes et les initiés, mais, en fin de compte, la marche est une forme de méditation, à laquelle tout le monde peut s’adonner.

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La marche peut aussi prendre des dimensions plus larges. D’activité physique bénéfique et bulle d’air pour l’esprit, elle peut être un outil précieux pour aller à la rencontre de soi. Que ce soit dans le cadre d’un tour du monde à pied, de traversées du désert, de séjours prolongés chez les nomades ou d’ascensions de sommets alpins ou himalayens, le marcheur se lance dans une épreuve au cours de laquelle il va non seulement tester sa résistance physique, ses limites, mais aussi sa force mentale. Dans ces cas-là, la solitude est l’un des pré-requis à la connaissance de soi, de ses réactions, de ses peurs et de sa capacité à poursuivre la route malgré les obstacles et les épreuves. On peut citer le cas de Marine Barnérias, déjà évoqué ici, qui se donne pour but d’explorer toutes les douleurs et les réactions de son corps afin d’apprendre à distinguer les signaux dus à sa maladie (la sclérose en plaques) de ceux simplement provoqués par l’effort physique. L’exemple de Bernard Ollivier est tout aussi édifiant, lui qui, à la retraite et quelques années après le décès de son épouse, se lance sur le chemin de Compostelle puis sur la route de la Soie afin de retrouver un sens à sa vie. Ce qui est passionnant chez cet homme extraordinaire, c’est qu’il ne se contente pas de donner à cette expérience une dimension purement personnelle. Il publie des livres, développe une conviction profonde : la marche permet de se remettre sur le bon chemin. Avec les sommes perçues grâce aux droits d’auteur générés par la vente de ses livres, Bernard Ollivier fonde l’association Seuil. Le concept est le suivant : offrir à des jeunes en rupture avec la société, perdus dans leur vie et dont l’avenir est incertain, la possibilité d’une dernière chance avant la prison. Des accompagnateurs les guident pendant environ trois mois. Sans téléphone, sans lien avec son monde, repartir de zéro, réapprendre les gestes du quotidien, trouver son rythme, puiser au fond de soi des ressources insoupçonnées et poursuivre sa vie avec plus d’optimisme, de rigueur et de détermination. Les résultats sont édifiants.

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Au terme de cet article, vous êtes évidemment convaincus : que vous ressentiez le besoin de faire du sport, que vous éprouviez la nécessité de vous éclaircir l’esprit ou que vous soyez à la recherche d’un sens pour votre existence, la marche est le remède idéal !

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