Le droit de craquer

Prendre soin de soi avant de tomber malade, ou, lorsqu’on l’est, compléter avec plusieurs médecines, faire un protocole de soins complet, tant physique que psychologique, on en parle beaucoup ici, notamment à travers un petit panorama de certaines médecines complémentaires. Faire une séance d’acupuncture pour se détendre ou rééquilibrer ses énergies, essayer la sophrologie, pratiquer le yoga, se nourrir correctement et pourquoi pas se mettre à la méditation. Il existe des dizaines de thérapies et chacun doit trouver la sienne. On a ainsi l’impression de circonscrire l’incendie et de limiter la propagation des flammes, ce qui est souvent vrai. Pourtant, parfois, toute la bonne volonté du monde ne suffit pas.

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S’écouter, tout faire pour aller bien, être heureux, il s’agit presque une injonction que l’on nous impose. Comme si le fait de s’effondrer, de craquer était une preuve de plus de notre faiblesse mentale, de notre incapacité à aller de l’avant et à positiver. Il faut être zen, pratiquer une activité sportive, s’adresser à ses enfants avec bienveillance, entretenir un mode de communication non violent et manger bio. Toutes ces stratégies – qui font surtout marcher le commerce – ne suffisent pourtant pas à nous éviter les moments de flottement. Car il arrive parfois que l’on ait envie de tout envoyer balader. Seuls ceux qui n’ont pas connu de grandes angoisses vitales (cela peut correspondre à une séparation, la maladie, un changement radical de situation familiale, affective ou financière) ignorent ce que peut être le séisme intérieur. Cet état qui n’en est plus un, qui nous met à côté de nos pompes, s’insinue en nous et nous perturbe les sens et l’esprit. On a beau le sentir, d’abord tout petit, puis de plus en plus important, ce n’est souvent qu’au moment où le corps dit stop, où la tête éclate, ou les nerfs lâchent qu’on réalise qu’on a encore une fois laissé s’installer le tsunami en nous.

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Bienvenue dans le monde impitoyable du bonheur obligé. Si vous êtes touchés par le tsunami précédemment évoqué, vous vous trouvez dans une situation d’échec. Les professeurs de bien-être pointent du doigt votre comportement négatif, vos névroses, votre alimentation plus que douteuse, toutes ces choses que vous n’avez pas maîtrisées et qui font de vous le perdant que vous êtes. Rassurez-vous, il existe d’autres alternatives que l’auto flagellation ou la retraite dans un monastère pour parfaire votre technique de la méditation de pleine conscience.

  • Le droit de craquer

Non, vous n’êtes pas des robots et oui, vous avez le droit de craquer. Le chemin est long et parsemé d’embûches, comment garder le sourire alors que vos pieds sont endoloris, que vous êtes perclus de crampes et que le ras le bol déborde en vous ? Ce moment de faiblesse, ces larmes, vous en avez le droit. Autorisez-vous à faire un arrêt dans cette courses effrénée vers le bonheur. Permettez-vous d’être imparfaits, de manger gras, de vous plaindre, d’en avoir marre. Cela ne veut absolument pas dire que vous êtes en train de sombrer dans la dépression la plus noire de toute l’histoire des dépressions. Cela signifie juste que vous êtes humain.

  • La nécessité de craquer

Au fond, oui, c’est une nécessité. Théoriquement, on devrait s’arrêter avant, mettre son esprit sur pilotis pour qu’il ne soit pas aussi ébranlé par le tsunami des angoisses. Mais dans la réalité on n’en a souvent pas le temps. Craquer, cela équivaut à réaliser. Essuyer la tempête, se retrouver les fesses par terre sur le pont du bateau et comprendre qu’on a tenu trop longtemps le gouvernail alors qu’on aurait pu laisser passer le grain, tranquillement installé dans un gros fauteuil, à l’abri, dans la cabine.

  • La leçon à en tirer

Elle est simple : nous devons être plus tolérants envers nous-mêmes. Accepter nos faiblesses, non comme des tares, mais comme des points sensibles que nous devons considérer avec d’autant plus d’attention. La bienveillance ne vaut pas que pour les autres. Elle vaut d’abord pour nous.

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  • La trousse de secours

Les méditations de Christophe André ou le yoga intensif dans une salle surchauffée n’y pourront rien, ce n’est pas de cela que vous avez besoin dans l’instant. Parce que ces méthodes vous ramènent sans cesse à cette invective à être heureux et que, là, les yeux rougis par une nuit d’insomnie, vous vous foutez pas mal du bonheur. Ce dont vous avez besoin… c’est de dresser une liste intitulée « Trousse de secours », une série de choses à faire en extrême urgence comme celles qu’emploieraient les médecins dans le cas d’un patient en urgence extrême. Non pas que vous soyez à l’article de la mort. Simplement, seul vous savez ce qui soulagerait le séisme qui vous secoue. Ce peut être caresser le chat en regardant une comédie romantique déjà vue dix-huit fois ; manger une tablette de chocolat au riz pur sucre en vous en mettant plein les doigts ; rester en pyjama toute la journée ; chanter fort et mal sous une douche chaude. Chacun a ses outils magiques. En pleine galère, le stress au bord des larmes, vous saurez comment remplir votre liste « Trousse de secours ». Et elle vous sera bien utile lors de ces moments où vous ferez une pause salutaire dans la grande randonnée, là, dans ce refuge douillet que vous saurez vous créer.

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Voici ma liste de ce matin. Et vous, elle ressemblerait à quoi, votre liste « Trousse de secours » ?

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