Le pré printemps

Dans certaines cultures, on dit qu’il y a six saisons et il paraît qu’il existe un pré-printemps…

L’hiver est tellement long. Encore là et pourtant, on sent bien que le cœur n’y est plus. S’il souffle encore de grands froids et couvre nos jardins de givre, on sent que quelque chose, à la fin de ce mois de février, est en train de se passer. Nous ne sommes pas encore au printemps, le calendrier nous le rappelle douloureusement. Et pourtant. Les primevères sont déjà en fleurs et les bourgeons des jonquilles s’élancent fièrement vers le ciel, lequel, intensément bleu et gorgé de soleil, nous incite à ôter nos manteaux d’hiver. Le noisetier s’est orné de ses plus belles décorations et il flotte dans l’air une odeur de terre, des insectes bourdonnant et des oiseaux qui vont et viennent à toutes vitesse et en piaillant. Dans le voisinage, les tondeuses redémarrent, les râteaux s’activent et on s’interpelle d’un jardin à l’autre. On sourit, les deux pieds dans l’herbe vert tendre encore humide. Et on nous convainc que c’est l’hiver. Qui croire ? Notre instinct ou le calendrier ? Dans certaines tribus amérindiennes, il existe un pré-printemps. C’est le moment où la neige commence à fondre. Elle est encore présente, mais on sait qu’elle est en train de disparaître peu à peu, annonçant ainsi la fin de la saison hivernale où le blanc recouvre tout. Une mise en bouche de verdure avant l’arrivée des beaux jours. Bien que la Pampa se trouve bien loin du cercle polaire, on comprend bien qu’il se passe quelque chose de l’ordre d’un pré-printemps et qui fait entrer en conflit notre perception des saisons et ce que l’on nous a toujours appris à ce propos. « Les quatre saisons sont le printemps, l’été, l’automne et l’hiver ». Il se pourrait bien qu’il n’en soit pas ainsi. Il se pourrait qu’en devenant de plus fins observateurs de la nature, des contemplateurs du brin d’herbe, des sensibles du fond de l’air, on perçoive d’autres nuances. Au Japon, par exemple, on dit qu’il existe 72 micro-saisons. Celle de la brume, celle des papillons, celle des grenouilles et celle des bambous ; celle des prunes et celle des pluies, celle des bruines et celle des fauvettes. Et on les croit, car dans leur culture, la nature n’est pas extérieure à l’homme et il ne la regarde pas en étranger. Au contraire, l’homme fait partie de la nature et celle-ci l’enveloppe, le contient et le remplit. S’il nous reste énormément de chemin à faire avant de parvenir à cette qualité d’observation, on peut quand même dire qu’à la fin de ce mois de février, l’hiver se termine, le printemps est encore en gestation et que l’entre-deux, c’est une autre saison.

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