Restorative yoga

Dimanche matin, 9 heures. Ce n’est pas la première fois que le yoga interrompt une grasse matinée. Pour mon bien, paraît-il. Nous avons changé d’heure dans la nuit et la soirée de la veille ayant été longue, il flotte comme un air de trop peu de sommeil dans l’air. Les yeux sont encore bridés, les articulations bien raides. Qu’importe, quand on s’est engagé, il faut y aller.

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Après une séance d’une heure trente assez intensive, puis une pause d’une vingtaine de minutes pour se ravitailler de thé et de biscuits, une grosse heure de restorative yoga nous attend. Récemment créée, cette pratique vise une relaxation totale de tous les muscles. Le but avoué : ne rien faire. Se détendre, relâcher complètement le corps, l’ensemble des muscles, toutes les articulations. Ne faire aucun effort. Un jeu d’enfant, se dit-on. Ne rien faire : on en rêve quotidiennement ! Pourtant, rien n’est moins sûr…

D’abord, il faut le matériel nécessaire : un tapis, bien évidemment ; plusieurs couvertures ; une brique ; des coussins ; un bolster, cette sorte de gros boudin allongé sur lequel on va se pencher, se coucher, se vautrer littéralement. Une fois l’inventaire effectué, voyons les postures. Sur le dos, la colonne vertébrale alignée sur la longueur du bolster. Assis, les jambes écartées, le ventre posé sur le dit « boudin ». A genoux, la tête penchée en avant vers le gros coussin sur lequel on appuie sa joue. A en croire cette description, cela semble simple. Or, il n’est pas si évident que cela de trouver la position exacte dans laquelle on se sentira parfaitement bien et que l’on pourra garder pendant de longues minutes, sans bouger. Il faut réajuster, modifier, jouer sur la hauteur du coussin en lui fourrant une brique dessous, gigoter comme un ver jusqu’à obtenir, enfin, une posture confortable. Dans certains cas, on n’y arrive pas et des petits inconforts, des douleurs subsistent. On peut être amené à s’agacer, ce qui n’est vraiment pas le but de l’exercice.

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Il peut également arriver que les tiraillements ressentis correspondent à des problèmes articulaires, musculaires, à des douleurs anciennes ravivées par ces exercices. Il est vrai que ce ne sont pas des postures que nous adoptons toujours naturellement et dans lesquelles nous sommes habitués à nous relaxer. Par ailleurs, on pourrait être amené à se demander si, quand nous pensons être en train de nous détendre, notre corps se trouve réellement dans une position adéquate. Ce pied glissé sous la cuisse de cette jambe pendante, sur un canapé mou, cette colonne vertébrale en arc de cercle et ces épaule voûtées : est-ce vraiment bénéfique à notre corps ? Ce n’est pas certain. Bref, il semblerait que le restorative yoga demande une habitude, une recherche de la posture exacte, au millimètre près. Et puis cette hanche qui se réveille, ce genou qui se plaint, cette épaule qui émet des décharges électriques, toutes ces protestations ne font que nous ramener à notre pauvre condition de carcasses endolories. Un seul conseil : persister.

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Une fois que l’on a réussi à s’installer confortablement – nous l’avons vu, ce n’est pas une mince affaire – il nous faut juste fermer les yeux, respirer profondément et… ne penser à rien. Car notre esprit non plus, ne doit rien faire. S’occuper de la position du corps relève déjà d’un véritable exercice, alors l’esprit… Il est évident que plus on est bien installé, plus il va être facile de ne pas se tracasser. Si on a mal quelque part, on s’agace, c’est perdu d’avance. J’en soupçonne certains d’avoir volontairement dormi pendant la séance afin de réussir à dompter leur mental. Pour ma part, comment vous dire… J’ai isolé, aménagé et décoré mon grenier afin d’y faire un salon-bibliothèque-salle de relaxation ; j’ai réfléchi aux menus de la semaine ; j’ai envisagé de m’acheter deux ou trois pantalons ou collants de sport tels ceux qu’arbore l’instructrice de yoga ; j’ai même eu quelques pensées morbides. Vautrée sur mon bolster, le bien-être de mon corps n’a pas réussi à rabattre le caquet de mon mental bavard.

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Pourtant, j’ai passé une excellente après-midi. Pourtant, j’avais une belle énergie en rentrant et j’en ai profité pour balayer la terrasse, faire du tri et du rangement, laver du linge et faire des beignets de pommes. Malgré le fait que, contrairement à d’autres camarades, je n’ai pas chaussé de masques pour les yeux afin de cacher la lumière (se couper de la lumière du soleil, quelle hérésie), j’ai tout de même réussi à trouver (en dehors de mes moments de divagations décorativo-vestimentaires) un certain calme, une détente, un relâchement bénéfiques. Au terme de la séance, je me voyais déjà m’écrouler au fin fond de mon canapé pour le restant de la journée, définitivement ramollie. Il n’en a pas été ainsi. C’est bien la preuve que des moments de relaxation profonde sont essentiels dans nos journées, nos existences surchargées. Cela nous permet de nous déconnecter, ne serait-ce que l’espace d’un instant, et de recharger nos batteries pour, ensuite, faire ce que l’on a à faire de manière plus sereine et, forcément, plus efficace.

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