Quand j’ai essayé de m’organiser… et puis en fait non

Un matin, je me suis levée et je me suis dit, tiens, et si je me faisais un planning de ménage ? Ayant fait le constat que le travail prend beaucoup de temps et que la maison est grande, la solution d’en faire « un peu chaque jour » s’avérait compliquée parce qu’en réalité, je ne faisais plus grand-chose. J’avais pourtant décrié précédemment l’usage des listes contraignantes et figées. L’adage disait que seuls les imbéciles ne changeaient pas d’avis. J’étais Einstein.

J’ai donc ouvert un carnet et j’ai dressé l’état des lieux des choses à faire dans la maison, en les classant selon le temps que chacune d’entre elles allaient me prendre. Puis, j’ai attribué à chaque jour de la semaine une tâche particulière. Le week-end serait consacré à l’aspirateur et à la serpillère, ainsi qu’au repassage. Le lundi, l’entretien des WC suffirait bien. Le mardi, pourquoi pas la poussière. Le mercredi, la salle de bains représenterait un travail suffisamment important pour ne rien ajouter d’autre. Le jeudi serait le jour du rangement et du classement des papiers. Le vendredi, trop chargé professionnellement, je laisserais les balais de côté. Et les semaines s’enchaîneraient ainsi, organisées, prévisibles et rassurantes. Pendant les premiers temps, le fait de s’attaquer à une tâche et de ne plus y songer pendant les six jours suivant était un véritable bonheur. Tout allait comme sur des roulettes et la maison sentait le frais et le propre. Les draps étaient lavés plus souvent. Les torchons toujours impeccables. Le calendrier était parfaitement respecté et la joie s’installait dans mon esprit. Et puis, à un moment donné, tout a dérapé…

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Le lundi, j’ai eu la flemme de nettoyer les WC. J’ai reporté cela au lendemain. Le mardi, ayant déjà effectué la tâche de la veille, je ne me suis pas vue faire la poussière. Le mercredi, je me suis dit que le lavabo et la douche, cela irait bien et que l’on verrait plus tard pour la baignoire. Et puis, des bains, on n’en prend pas tous les jours. Elle n’était pas si sale, cette baignoire. Le jeudi, j’ai eu bien d’autres choses à faire que de ranger et classer les papiers. Je crois que je souffre de phobie administrative, il faudra que j’en parle à mon psy. Vendredi, comme c’était écrit, je n’ai eu aucun mal à laisser les balais de côté. Le week-end a été chargé. On est sorti, pas beaucoup rentré. Restaurant, shopping, balade : je n’ai pas eu une minute pour penser à l’aspirateur. Qu’importe, j’ai remis cela au lundi. Seulement, passer l’aspirateur et la serpillère pendant la pause méridienne, en rentrant du boulot et avant d’y retourner, n’avait absolument rien de fun. Cela m’a ennuyée. Par conséquent, le mardi, j’ai fait la grève de la poussière et des WC. Le mercredi, j’ai dû travailler toute la journée et la salle de bains est passée à l’as. J’ai juste eu le temps de nettoyer les WC. Le jeudi, il a tout de même fallu que je nettoie la baignoire – qui n’avait pas été faite la semaine précédente – parce que quelqu’un a voulu prendre un bain. Le vendredi est passé très rapidement. Le week-end suivant, on n’était pas à la maison. Et puis, le lundi, j’ai dû aller faire les courses entre midi et deux. Le mardi et le mercredi ont été très occupés. Et puis le jeudi et le vendredi sont passés à la vitesse de la lumière. Comme on était parti en week-end, j’ai passé mon dimanche à faire des lessives, les étendre et les plier. Par chance, il faisait beau. Mais le tas de linge à repasser a commencé à ressembler à un sommet himalayen. Le lundi est arrivé et j’ai craqué : j’ai mentalement jeté au feu cette fichue liste de choses à faire trop contraignante et figée. Je m’étais laissée déborder.

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J’en suis là. Il y a des miettes par terre et des traces sur le sol de la cuisine. Si on passe le doigt sur le meuble de la télévision, on peut tracer de jolis dessins dans la poussière. L’Everest de linge à repasser est intact et toujours aussi impressionnant. Les WC auraient bien besoin d’un rafraîchissement, de même que le miroir de la salle de bain et les parois de la douche. L’aspirateur abandonné, fil encore déroulé, attend désespérément à l’étage que quelqu’un vienne s’occuper de lui –  » j’m’ennuiiiie  » -, les papiers s’amoncellent, les moutons se regroupent en bandes et menacent de prendre les habitants de la maison en otage en échange d’une rançon. Et moi, je suis là, à les regarder comploter et je ne sais plus par où commencer. Elle n’était pas si mauvaise que cela, cette idée de liste. Elle aurait pu fonctionner. Si j’avais été rigoureuse (mais être rigoureux, c’est parfois chiant). Si nos semaines n’avaient pas été si chargées (mais travailler à mi-temps, c’est peu payant). Si on n’était pas parti en week-end (mais doit-on se priver de prendre du bon temps ?). Et avec tous ces si, on aurait mis la Pampa en bouteille.

Repartir de zéro, voilà ce qu’il me reste à faire. Sans pression. Sans prise de tête. Faire ce que je peux, quand je peux, quand je veux. Reprendre les choses là où je les avais laissées. Bon, je vous laisse, l’apéro est prêt. Le repassage attendra.

PS : Si je ne suis pas séquestrée par le gang des moutons, je vous raconterai dans un prochain article comment je m’en suis sortie (si je m’en sors, comme dirait Julie Zenatti).

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