Une séance d’acupuncture

« Vous verrez, il s’agit d’une grille ancienne, un peu délabrée, dans une petite rue piétonne. Vous entrez, puis vous vous dirigez au fond de la cour intérieure. Là, c’est une porte verte tout au fond. »

Je grimpe au premier étage et pénètre dans un appartement chaleureux. Couleurs douces, douce chaleur, voix douce, odeurs d’épices et de fleurs. Je me sens de suite comme à la maison, en toute confiance. Le diplôme d’acupuncture délivré à Paris trône en bonne place sur le mur. Je fais le point sur ce qui m’amène ici. L’acupunctrice me raconte qu’actuellement, contrairement à avant où les gens venaient la consulter pour de « petits soucis », les patients arrivent le plus souvent « en bout de course », après avoir « tout essayé » et avec des pathologies plus sérieuses. Ils la placent en « dernier recours ». Elle m’explique dans les grandes lignes que sa discipline est très technique et que, à la différence de la médecine allopathique qui s’attache aux symptômes, elle recherche les causes profondes des maladies. Cependant, la méthode ne peut pas s’appliquer comme on le fait en Chine, où l’acupunctrice a été formée. Là-bas, l’acupuncture se pratique gratuitement dans les hôpitaux et les gens viennent à des séances quotidiennes, et ce pendant 10 jours ou plus. Alors, cela peut donner des résultats étonnants. En France, cette discipline n’étant pas remboursée et étant relativement chère (j’ai payé 50 euros et j’imagine que dans les grandes villes les prix peuvent s’envoler…), un suivi de ce type est impossible. C’est pourquoi l’acupunctrice que je vais voir aujourd’hui complète ses séances avec la phytothérapie.

C’est le moment des petites aiguilles ! Je m’allonge et la gentille dame à la voix douce ausculte mon pouls sur chaque poignet. Elle cherche à déterminer où se trouvent les blocages énergétiques, de manière à savoir exactement où placer ses aiguilles. Sur les mains, en bas des jambes, bien évidemment plusieurs sur le ventre et me voilà parée pour 30 grosses minutes à faire le fakir (ça ne fait absolument pas mal). Pendant que je suis allongée, une couette douillette sur le corps pour me réchauffer, on discute. La conversation tourne autour de mes goûts et mes habitudes alimentaires (elle prend des notes, à chaque fois), mes coups de fatigue et de grande forme au cours de la journée, ainsi que d’autres éléments sur ma santé (présente et passée) et mon métabolisme. Ensuite, on dévie sur l’Espagne, l’Andalousie, la Catalogne… en toute amitié. Il est déjà temps de m’ôter les aiguilles.

La praticienne m’explique que les effets de l’acupuncture n’ont rien de psychologiques et n’ont rien à voir avec l’état d’esprit du patient. « On pique bien les chevaux ! », me dit-elle en riant. « Évidemment, si l’on vient, buté, juste pour faire plaisir à son conjoint, autant ne pas venir ». Ensuite, les effets dépendent de chaque patient et un suivi à court terme est nécessaire. Un mois et demi de délai entre chaque séance, c’est trop long. Je reprends donc rendez-vous pour dans deux semaines. Détendue, avec une envie de dormir qui me fait penser à mon état au sortir d’une séance de yoga, je descends les escaliers, referme derrière moi la porte verte, traverse la cour et franchis la vielle grille. A suivre…

 

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